2026 l’année des extrêmes.

26/7/2026

La récolte de l’automne 2025 avait été considérée comme difficile par les arboriculteurs de de l’ouest particulièrement touchés par de fortes vagues de chaleurs. Des productions sensiblement affectées par des invasions de pucerons, comme jamais auparavant, surtout dans les vergers conventionnels -comprendre utilisant, engrais de synthèse, pesticides… Au point de ne plus arriver parfois à les contrôler. D’où les débats aussi sur l’Acétamipride dont nous parlions dans un post sur linkedn avant Noël [1]. Il aura fallu peu de temps aux lobbies pour ré-introduire cette semaine le mal qu’une initiative individuelle aura réussi, avec la voix de plus de deux millions de français de tous bords, à écarter pour quelques mois seulement. Tout cela est encadré et spécifique nous dit-on. Comme avec les conséquences à venir du Mercosour pour l’agriculture française, la technique du pied dans la porte est un instrument inusable. [2]

Le 6 janvier, l’épaisse couche de neige que nous n’avions pas connue depuis au moins 40 ans, a recouvert nos vergers et une bonne partie de la France, et offert à beaucoup une image paisible et magnifique. Mais depuis la fin du printemps une sécheresse historique s’est installée et dure, dure, dure.

Les récoltes 2026 sont et seront bien pire encore. Pour l’arboriculture. Pour l’agriculture. Dans l’ouest de la France, pour la France et l’Europe. Il y a un an, nous nous inquiétions de températures dépassant régulièrement les 3O degrés. Cette année, cela aura été les 40. J’ai noté, à l’ombre bien sûr, un 43 aux abords du verger. Avec des vagues répétitives, la 4° arrive la semaine prochaine. Une seule infime averse en juillet. Lorsque l’on regarde les arbres dans les haies, on les voit souffrir.  Notre rendement en blé/féverole a été médiocre– 20 quintaux / H-, moyen en Triticale/Pois - 30 quintaux. Nous avons aussi 7 H de tournesol en fleurs sans savoir s’il sera possible de récolter quelque chose tellement la sécheresse est intense. Pour les vergers, alors que la floraison et la mise à fruits en Reinettes Clochards avait été bonne, un coup de froids aux saints de glace a contribué à une chute maximale sur cette variété, la reine des reinettes ayant été moins sensible. Le verger plus récent est porteur de pommes dans 11 variétés sur 12 et il sera loisible de goûter et faire goûter enfin ces pommes tant attendues. Bien sûr avec la sécheresse, le calibre sera sérieusement affecté…, et il faudra écarter ce qui est brulé.

La plus grande part de la récolte2025 a été utilisée pour tenter 4 différents jus de pommes. 3 jus avec des taux de chaque variété et de niveau de maturité différents. Et un jus pur clochard, filtré et enrichi en C02. Nous avons réalisé un test gustatif pour le 5 premiers en intégrant aussi les jus mono-variétaux de l’an passé, et l’un des 3 est arrivé en tête. Le test avec de la Clochard filtrée et enrichie en C02 a produit un jus légèrement pétillant, peu sucré et excellent.

L’objectif est de constituer un stock suffisant pour récompenser nos premiers adhérents individuels avant de passer aux entreprises dans notre nouveau programme orienté sur la biodiversité que nous avons bien enclenché.

En effet avec une vingtaine d’hectare d’un seul tenant (vergers bio, champs cultivés bio ou en conversion bio, prairies, petits étangs, bois) nous avons bien commencé notre programme.Connaître, Réparer, Améliorer la biodiversité.

Le « connaître » se fait avec le support de www.observatoire-agricole-biodiversite, hébergé au sein du Muséum national d’histoire naturelle de Paris qui propose des protocoles précis de sciences participatives.  Nous avons déjà fait un prélèvement de vers de terre dans un verger, posé des planchettes pour le comptage mensuel de carabes dans chaque verger (6 planchettes au total) et posé des nichoirs à abeilles sauvage (2 nichoirs dans un verger) pour un comptage mensuel aussi, réalisé un premier protocole de comptage de papillons. Et réalisé avec le soutien de la chambre d’agriculture 79 un fructueux enregistrement de chauves-souris.

Réparer se fait au quotidien.Ramasser des plastics que l’on retrouve toujours. Règle simple : toutplastic qui entre dans une parcelle y reste en partie pour l’éternité.

Améliorer est toujours unplaisir. Il y a un retour des buses depuis la fin de l’hiver, ce qui signifiepeut-être que l’on approche d’un nouveau cycle de campagnols- il y a une grandevague tous les 6 ou 7 ans. C’est une bonne chose pour protéger les vergers etles champs cultivés des campagnols et des corbeaux/pigeons qui attaquent lessemis ou jeunes pousses.

Des amis sont venus. Philippe pour passer les badigeons d’hydroxyde de calcium sur les troncs afin de limiter la présence des agresseurs. Avec Bernard, un stagiaire de 3°, nous avons fait notre premier protocole de comptage des vers de terre. En juin et juillet nous avons eu nos premiers woofers grâce à https://wwoof.fr/fr/. Un jeune couple passionné de biodiversité et découvrant des fermes différentes pour s’installer à moyen terme dans le monde agricole. Une quinzaine de jours de travail et de partage simple et agréable.

Depuis début juillet, nous essayons surtout d’aider les pommiers à passer l’été. En protégeant avec du kaolin, les feuilles et les fruits des brûlures sans y parvenir totalement. En arrosant chaque semaine, un à un, les jeunes arbres installés en remplacement de pommiers perdus.

Le monde agricole en France et en Europe souffre. Le monde politique et technocratique est un bateau ivre sans port ou revenir. L’homme si puissant redevient si faible face aux éléments naturels. L’eau ou le manque d’eau. Le feu…. On peut craindre un réveil social du monde agricole brutal et douloureux

[1] https://www.linkedin.com/in/gregoire-souchard-44ba3b40?miniProfileUrn=urn%3Ali%3Afsd_profile%3AACoAAAiyN7sBrdUIeXEEEnr1kRz8xY5B_QMxWWg&lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_detail_base%3B1TVtyrzCTH%2BGAv6gUkYlpQ%3D%3D

 [2] L’honnêteté oblige aussi à dire que les animaleries et jardineries concentrent de l’Acétamipride. Pour protéger les chats des tiques, ou détruire les fourmis qui s’insèrent dans les maisons. Cela me fait penser à une conversation avec un jeune couple de parisiens très affecté par le réchauffement climatique, mais qui 5 minutes plus tard m’expliquait combien c’était génial d’être client Amazone Prime sans voir une seconde les conséquences écologiques et sociales de ce besoin insatiable du « tout, tout de suite ».